L'Atelier de Biarritz

Véronique, Créatrice d'émotions florales. Fleuriste freelance pour "LES FLEURS BUISSONNIERES"


Poster un commentaire

Des fleurs presque éternelles, plus vraies que nature!

Ces végétaux feuilles et fleurs, que l’on dit préservés, durables, stabilisés…Permanents!

Roses anglaises stabilisées
Photo @SecondFlor

Dans un article précédent je vous racontais un peu l’évolution des fleurs décoratives, non « fraîches » qui résistent aux outrages du temps. Des plantes et fleurs qui peuvent conserver un aspect frais et colorés même après plusieurs mois. Plusieurs sortes en lisses: artificielles, séchées ou les petites dernières dites « permanentes ». Plus exactement stabilisées.

A la vue, au toucher…elles peuvent tromper certains de nos sens. Leur procédé de conservation nous offre une apparence de fraîcheur. Hélas sans le parfum. Le spécialiste propose des effluves de roses en flacon, dont je vous en parlerai lorsque je l’aurai testé. Ces végétaux dénommés « permanents » sont le luxe suprême! Magie? Oui et non, entre la chimie et la nature des procédés « presque » naturels.

Des précisions détaillées en provenance d’un des meilleurs spécialistes de cette nouvelle technique de conservation.

 » Il est important de dissocier 2 processus de conservation végétale : La stabilisation et la préservation végétale.

La stabilisation s’opère à partir de végétaux vivants. Cette technique permet de figer la plante dans son état de fraîcheur après récolte. À contrario, la préservation de végétaux se fait à partir de végétaux séchés. Ce procédé permet de réhydrater le végétal. La stabilisation végétale est la technique la plus fiable dans le temps. Elle est aussi plus coûteuse car plus risquée.

STABILISATION PAR CAPILLARITÉ (FEUILLAGES)
C’est la technique de stabilisation originelle. Le pied de la plante encore fraîche est mis à tremper dans 5 cm de solution de stabilisation. Cette solution est à base de glycérine végétale, d’eau, de colorant alimentaire et de nutriments. La glycérine permet de retenir l’eau à l’intérieur de la plante et le colorant alimentaire permet d’obtenir la couleur souhaitée. Les nutriments servent à nourrir la plante durant le processus de stabilisation qui dure quelques jours. Après avoir absorbé cette sève de substitution, la plante ainsi stabilisée est mise à sécher durant 24h. Chaque espèce végétale à ses spécificités : La température de la solution de stabilisation, la durée d’absorption, la période de récolte ou encore les nutriments utilisés sont autant de facteurs qui assurent la réussite de stabilisation pour chaque espèce. Cette technique, considérée comme la plus noble, permet notamment l’obtention de couleurs inédites de feuillages, tout en conservant la couleur naturelle des branches et des tiges. En effet, généralement plus épaisses, elles ne laissent pas les colorants circuler jusqu’à leur surface. La stabilisation par capillarité est également utilisée pour certaines fleurs comme la statice dont il suffit de stabiliser la tige, la fleur étant naturellement sèche.

Kokédama
Également utilisable pour concevoir de vrai/faux kokédama!

STABILISATION PAR DOUBLE IMMERSION (FLEURS)
C’est la technique la plus répandue pour la stabilisation des fleurs. Les fleurs doivent être extra fraîches pour que la stabilisation soit réussie. Certaines variétés de fleurs sont idéales pour ce type de stabilisation. Cette technique consiste en deux étapes d’immersion. Le premier bain consiste à plonger la fleur durant 24h dans une solution d’alcool pur. Le but est de déshydrater la fleur tout en conservant sa forme d’origine. Lors de ce premier bain, elle perd également sa couleur d’origine. Le second bain est constitué d’alcool, de propylène-glycol, de glycérine et de colorants alimentaires. Le propylène-glycol et la glycérine, sous l’effet catalyseur de l’alcool, se chargent de réhydrater la fleur. Les colorants alimentaires lui donnent la couleur souhaitée. Les têtes de fleurs sont stabilisées sans leurs tiges car ces dernières prendraient alors la couleur de la fleur.

Hortensia stabilisés photos @SecondFlor

PRÉSERVATION PAR IMMERSION (FLEURS, MOUSSES, LICHEN)
Contrairement aux techniques de stabilisation, la préservation par immersion est pratiquée sur des végétaux séchés. Le procédé consiste à plonger la plante dans une solution de préservation à base de glycérine végétale, d’eau et de colorants alimentaires afin de la réhydrater. Cette solution doit être préalablement chauffée au delà de 40°C minimum. Le processus lui confère alors une nouvelle souplesse et la couleur souhaitée. Une fois sortie du bain, ces végétaux sont nettoyés puis séchés. Le temps de séchage peut fortement varier d’une espèce à l’autre, selon la nature plus ou moins spongieuse et/ou la porosité du végétal concerné. Cette technique, moins onéreuse et risquée, reste cependant bien moins fiable dans le temps. La qualité de conservation obtenue par cette méthode n’est pas comparable avec celles obtenues par les techniques de stabilisation. Dans le cas des mousses, cette technique est la seule fiable et valable mais demande des temps de séchage qui peuvent sensiblement augmenter les coûts de production.


Feuillages stabilisés photos @SecondFlor

Le lichen est lui immergé dans une solution saline. Cela présente l’avantage d’être non inflammable (contrairement à la glycérine) et naturellement traité contre les insectes. Par contre, il sèche en dessous de 40% d’humidité dans l’air. La stabilisation du lichen au sel permet d’en faire le végétal le plus fiable de tous les végétaux préservés.

Coussin d’alliance réalisé en végétaux stabilisés

PRÉSERVATION PAR PULVÉRISATION (MOUSSES)
Cette technique est sensiblement identique à la préservation par immersion. Elle est également utilisée sur une matière végétale sèche et souvent plate. Elle consiste à pulvériser directement sur le végétal une solution de préservation à base de glycérine végétale, d’eau et de colorants alimentaires afin de le réhydrater en surface. C’est le cas notamment pour la mousse plate et mousse boule pour laquelle ce procédé est couramment utilisé. Le processus lui confère alors une nouvelle souplesse de surface et la couleur souhaitée. Une fois pulvérisés, ces végétaux sont séchés uniquement. Le temps de séchage est ici bien plus court qu’avec une immersion totale. Cette technique est donc encore moins onéreuse et risquée que la précédente mais possède les même problématiques de fiabilité dans le temps. La qualité de conservation obtenue par cette méthode n’est pas comparable avec celles obtenues par les techniques de stabilisation.

Idéale pour créer de l’émotion floral les jours de mariage. Floraison d’accessoires pour les mariées, ses demoiselles d’honneur et le cortège. Ils deviennent de vrais bijoux floraux.

TECHNIQUES MIXTES & AVENIR
Certains végétaux peuvent être stabilisés en combinant plusieurs techniques:

-On peut par exemple concevoir de déshydrater la plante dans un bain alcoolique et la réhydrater dans un bain de glycérine chaude sans catalyseur ni propylène glycol.

-On peut également immerger un végétal frais en considérant qu’il pourra tout de même absorber la glycérine par capillarité dans le bain. Il n’est pas rare d’enchaîner une stabilisation par capillarité avec une immersion pour fiabiliser la couleur extérieure.

-On peut également assurer la tenue du végétal en stabilisant par capillarité puis donner la couleur par immersion. De nouvelles techniques de stabilisation innovantes sont en cours de développement. Certaines, comme à base de CO2 sous pression, offrent la possibilité de stabiliser de nouvelles espèces. Elles permettent surtout de réduire le temps nécessaire à la stabilisation des fleurs et des plantes.

La stabilisation végétale n’en est qu’à ses débuts. Les connaissances et les techniques dans le domaine sont en constante évolution.

Merci à l’entreprise @Second Flor » spécialiste de cette technique pour ces explications détaillées et à qui j’ai emprunté aussi certaines photos de leur site réservé aux professionnels!

Dahlia rose dragée stabilisé
photo @SecondFlor
Publicités


Poster un commentaire

Fleurs fraîches, séchées, permanentes, artificielles, intemporelles, stabilisées… Vous êtes perdus!

Parfois les fleurs de belles compositions, travaillées avec talent, peuvent tromper nos perceptions. Regardez y bien de plus près.
Vraies ou fausses? Lesquelles sont naturelles?

Lorsque j’ai débuté ma carrière de fleuriste nous avions le choix d’utiliser, selon leur destination, des fleurs fraîches, des fleurs séchées (peu de variétés à cette époque) toutes deux naturelles et des fleurs « artificielles » le plus souvent en soie ou en tergal.

Bouquet classique de flerus séchées
Bouquet de fleurs séchées avec fleurs exotique

Les premières étaient destinées aux évènements familiaux: mariages, communions, baptêmes, anniversaire et enterrements... Ces fêtes de famille étaient fleurit avec de « vraies » fleurs comme disaient les clients!

Les fleurs séchées pour les petits cadeaux achetées par les personnes d’un age avancée,souvent assortis de contenants en argent, porcelaine et paniers de toutes sortes. Elles ont peu à peu désertées nos magasins, puis disparut pendant une vingtaine d’années, pour revenir en force depuis 2 ans avec des nouvelles utilisations portées par les jeunes générations (couronnes de demoiselles d’honneur, couronnes de Noël, attrapes rêves…)

Duo de couronnes en fleurs séchées

Les plantes artificielles ont envahies le marché de la production artificielle, réservées plutôt aux hall d’hôtels, aux bureaux, aux banques, aux administrations…aux terrasses et aux cimetières! Sans entretien elles offrent un cadre de verdure « trompeur » mais apaisant, un facsimilé de nature pour bureaux sombres!

Plante artificielle dans un salon

Cependant, de belles factures, aux finitions soignées, les fleurs « en soie » onéreuses ont toujours des amateurs, le plus souvent destinées à la haute couture, de très belle qualité, quasiment impossible de soupçonner (sans les toucher) que ces fleurs, feuillages, fruits, sont « faux ». Les plus beaux spécimens étaient (et sont encore souvent) découpés, façonnés, confectionnés, gaufrés, repassés, roulottés, montés, cousus de A à Z en France, entièrement à la main, pétales par pétales, feuilles par feuilles. Un travail d’ artisans de hauts niveaux qui apprécient les matières précieuses comme le pongée de soie,le shantung…et même des plumes, ne dit -on pas dans le langage commun des « fleurs en soie ». Ces fleurs et feuillages délicats trompent facilement nos perceptions premières.

chapeau de paille guirlande de pivoines
Un ensemble superbe en roses anciennes ….en soie!

Mais peu, très peu, sont encore fabriquées en France! Les Pays du continent asiatique se sont emparés du marché. C’est la mort de notre magnifique « industrie artisanale française ».

Peu, très peu, de ces fleurs somptueuses sont encore fabriquées, confectionnés dans de belles matières avec une infinie patience, un doigté précis, une immense dextérité par nos « petites mains ». L’Asie à petit à petit remplacé par des tonnes de fournitures à bas prix, nos merveilles d’antan. Les derniers magasins qui osent encore vendre des fleurs « artificielles » ne proposent que du très bas de gamme. Nos fournisseurs aussi perdent à leur tour cette diversité, de fleurs et feuillages, cette qualité bien française qui nous permettaient de proposer de belle décorations florales pérennes pour des occasions exceptionnelles! Envahit, par les produits venus de loin, nous n’avons pas gagné au change.

Fleurs artificielles d’une grande surface sans doute pas les plus vilaines.

Certes, beaucoup moins chères, les fleurs (les feuillages surtout) sont devenues moches, aux couleurs criardes ou délavées, mal finis sans aucun attrait, surtout pour nous fleuristes qui aimons les belles matières! La plupart sont vendues à l’occasion de La Toussaint pour poser sur les tombes! Avec un peu de savoir faire en sachant les choisir, elles peuvent néanmoins trouver leu place dans des décorations et accessoires à des prix raisonnables. Certes il reste quelques belles boutiques qui vendent de très belles fleurs , mais la rareté, le coût des matières et les taux horaires européens (normaux!) de cette main d’œuvre très pointue, qualifiée, amoureuse du travail bien fait, ont fait explosé les prix et quasiment aucun de nous ne peut encore acheter de ces fournitures et encore moins avoir assez de clients fortunés à qui les vendre. Ces fournitures sont désormais réservées et surtout utilisés par la haute couture ou dans certains mariages pour « donner du volume », mélangé à des fleurs naturelles, elles sont louées, servent plusieurs fois…et deviennent ainsi « rentables » à acheter.

Notre profession s’adapte en permanence, en recherche de nouvelles techniques, de nouveaux produits!

Une ère nouvelle de végétaux dits « permanents » apparaissait alors dans les années 85/90. Ni sec, ni frais, ce nouveau produit donnait une sensation de fraîcheur.

Rose éternelle, symbole de la fleur permanente

En 1988 j’ouvrais ma première boutique à Ustaritz et je m’étais prise de passion pour ces fleurs. Mes préférés, les hortensias aux couleurs sublimes allant du jaune safrané au bleu turquoise en passant par le vert émeraude. Blanc immaculé, bleu ciel, rose dragée, corail, pêche...j’étais étourdi par tant de teintes toutes plus somptueuses les unes que les autres et leur souplesse! Même chères, ces fleurs m’attirait, me donnait des idées…je créais donc avec elles!

Elles résistent au temps, mais, détestent la lumière et l’humidité! On les dit « stabilisées ». Attention, à NE pas les confondre, avec les fleurs artificielles qui elles NE sont absolument pas naturelles (en tergal, tissu plus ou moins de bonnes qualités voir en plastique!) même si certaines sont confectionnées parfois avec des matériaux « vrais ». Fleurs dont les pétales sont reconstituées en bois .

Les végétaux permanents sont eux « réalisés » à partir de vraies plantes, fleurs et petits fruits . Par immersion ou absorption d’un mélange (top secret),elles conservent ainsi leur souplesse et une sensation au toucher similaire à celui qu’ils avaient lorsqu’ils étaient encore « vraiment » vivants.

Bout de bancs bleu en hortensia et lavande blanc
Bout de banc en hortensia bleu et violet et eucalyptus stabilisé

Trente ans ont passés et je redécouvre, sous d’autres marques des produits exceptionnels! Certes je ne travaille plus de la même façon, mais je leur ai trouvé d’autres destinations! Déjà dans les années 2000 on voyaient poindre le bout des pétales de ces roses permanentes aux couleurs éclatantes, surtout pour la St Valentin; elles avaient déjà une place de choix dans ma boutique de Biarritz et celle de mes confrères! Aujourd’hui loin des 2 ou 3 couleurs proposées à l’époque (rouge, orange, blanc) il y a près de 20ans c’est aujourd’hui un festival de coloris, déclinés dans de nombreuses tailles, de nouvelles variétés. L’Hortensia toujours mais aussi des roses traditionnelles ou sauvages (plus plates), des dahlias, des mini chrysanthème délicats, des feuillages variés. Les roses sont vendues dans différentes tailles, de la mini de quelques centimètres de diamètre à une géante composée de plusieurs complices assemblées en une seule tige! L’effet est bluffant.

Peut être en avez vous vu constituant les robes de mes poupées décoratives, appelées « demoiselles« , de mes « danseuses » en tenue d’apparat ou de gymnastes à la jambe légère. L’ hortensia, lui préfère accompagner les couronnes gracieuses des cheveux des jeunes filles, de cortège ou des mariées sages! C’est aussi une façon pour ces dernières de conserver un souvenir concret de leur couronne et de leur bouquet de mariée presque éternellement!

couronne de fleurs rosée stabilisées séchées
Couronne délicate en hortensia, dahlias précieux et quelques fleurs séchées

Si ces produits sont un peu plus onéreux, ils ont le méritent de rester intacts, tant en couleur qu’au toucher; se conservent très bien à l’abri de la lumière et de l’humidité. Bien malin celui qui en voit le subterfuge!

Alors ouvrez bien les yeux, désormais. Seconde partie plus technique sur les végétaux permanents dès vendredi…à bientôt!